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lundi 12 octobre 2020

Verge d’or

 Verge d’or

Son nom

On dit que Linné, père de la terminologie binomiale latine, donna à la verge d'or le nom scientifique de Solidago (littéralement, « je rends entier », « je consolide ») en raison de sa réputation à favoriser la guérison des plaies. Quant à son nom populaire de « verge d'or », l'histoire ne dit pas s'il lui vient de ce que les riches aristocrates employaient ses tiges pour corriger leurs petits monstres ou s'il faisait plutôt référence à un ancien rituel mystico-érotique dont l'origine se serait perdue dans la nuit des temps...

Son rôle dans l'équilibre écologique

Il y a environ 125 espèces de verge d'or, dont la majorité est nord-américaine. Avec les asters, elles recouvrent à l'automne de vastes étendues de terre, faisant de la vallée du Saint-Laurent, écrit le frère Marie-Victorin, « un immense jardin noyé de pourpre et d'or ». C'est-y pas de la belle prose ça?

Quant aux auteurs de Plantes sauvages des villes et des champs (Groupe Fleurbec), ils écrivent : « Avez-vous déjà observé la succession des floraisons dans un champ à l'abandon? Selon un ordre vertical ascendant, le groupe printanier fraisiers-violettes-pissenlits, au ras du sol, est suivi par l'enchevêtrement multicolore des plantes un peu plus grandes à floraison estivale: graminées-trèfles-marguerites-chicorées-etc., et finalement par le bataillon dressé des grands asters-verges d'or ». Non, je n'avais jamais remarqué, mais maintenant que vous le dites, ça saute aux yeux. Ah! ces évidences qui ne cessent de nous échapper.

Et ça se mange?

On connaît peu d'emplois culinaires à la verge d'or, sa saveur fortement aromatique étant plutôt désagréable. La seule espèce vraiment intéressante à cet égard est le S. odora au parfum anisé que, sous le nom de Thé de la Montagne Bleue, les Hollandais de la Pennsylvanie boivent comme substitut du thé. Sauf qu'elle ne pousse pas chez nous.

Certains affirment que les Amérindiens consommaient les graines du S. canadensis, mais si c'est le cas, cet usage était certainement marginal et géographiquement restreint, peu d'experts en ethnobotanique en faisant mention.

Par contre, le miel de verge d'or est l'un des plus communs en Amérique du Nord. Son goût se situe à mi-chemin entre celui du miel de trèfle et celui du miel de sarrasin. Comme c'est le cas pour tous les types de miel, il ramasse une partie des principes actifs de la plante et peut donc jouer un rôle non négligeable dans l'organisme. La mode actuelle qui en pousse plusieurs à rechercher des miels exotiques - romarin, lavande, mélaleuque et que sais-je encore? - ne devrait pas nous faire oublier les vertus d'un des meilleurs représentants de cette catégorie alimentaire. Il fera merveille dans le traditionnel pain d'épices dont vous trouverez la recette dans Plus d’info.

Et ça soigne quoi?

Considérée dans la tradition européenne comme stimulante, sudorifique, tonique, carminative, apéritive et pectorale, on a utilisé la verge d'or pour les rhumes, les affections pulmonaires, les nausées et les douleurs causées par les « vents ».

Toutefois, c'est dans les affections rénales (infections telles que colibacillose, cystite ou néphrite, calculs rénaux, albuminurie, oligurie) qu'on l'a surtout employée. Il s'agirait d'ailleurs d'une des meilleures plantes pour fortifier le système rénal. Elle a également servi à soigner la diarrhée, les entérocolites et les entérites, notamment celles dont souffrent les tout-petits lorsqu'ils percent leurs dents. On la leur administrait sous la forme de sirop.

Riche en flavonoïdes de type vitamine P, la verge d'or est également utile dans le traitement des varices. À ce titre, elle entre dans la composition de nombreuses spécialités pharmaceutiques allemandes.

On a longtemps prétendu que nos espèces ne possédaient que des propriétés astringentes, par comparaison à l'espèce européenne (Solidago virgo aurea ou virgaurea), censée être bien plus efficace. Mais voilà que des chercheurs allemands qui ont étudié deux de nos espèces indigènes, le S. canadensis et le S. serotina, d'abord importées en Europe comme plantes décoratives, affirment que non seulement elles possèdent les mêmes propriétés médicinales, mais qu'il y a de fortes chances qu'elles soient plus riches en principes diurétiques que l'espèce européenne. Elles sont d'ailleurs acceptées en Allemagne comme substituts de cette dernière en cas de pénurie dans l'approvisionnement. Au Québec, c'est le S. canadensis qu'on a essentiellement employé en médecine populaire.

Les Amérindiens l'utilisaient pour soigner divers maux. Ainsi, les Zunis soignaient le mal de gorge en mastiquant les fleurs et en avalant le jus. Les Alabamas employaient les racines en cataplasme contre le mal de dents. Dans de nombreuses tribus, l'infusion des fleurs et des feuilles a servi à soulager la fièvre et les « douleurs de poitrine ». Les Meskwakis préparaient une lotion qu'ils employaient contre les piqûres d'abeilles ainsi que contre d'autres types d'enflures douloureuses.

Comme bien d'autres plantes, la verge d'or pourrait s'avérer utile contre certains types de cancer. En effet, on a découvert dans l'espèce S. canadensis deux polysaccharides qui ont montré des propriétés antitumorales chez des souris de laboratoire. Naturellement, il faudra bien d'autres travaux encore avant qu'on puisse confirmer cette activité chez l'humain.

Pour préparer la tisane, verser un litre d'eau froide sur 1 ou 2 c. à soupe de plante séchée, faire bouillir deux minutes et laisser infuser une dizaine de minutes.

Note. En usage externe : utiliser la tisane en lotion ou compresse sur les plaies.

Pour préparer un sirop, faire d'abord bouillir pendant dix minutes 100 g de sommités fleuries dans un litre d'eau. Infuser 12 heures. Filtrer, ajouter 1,5 kilo de sucre et réchauffer jusqu'à complète dissolution du sucre. Refroidir et embouteiller. Garder au frais. Administrer au besoin, à raison de 1 ou 2 c. à soupe.

On la trouve où?

Selon les espèces, la verge d'or occupe divers habitats : sous-bois, champs sablonneux, rivages d'eau douce, rivages maritimes, sommets exposés des montagnes, bords de route, forêts, tourbières. Bref, il y en a pour tous les goûts. Le S. canadensis se trouve pratiquement partout au Québec. On récoltera la moitié supérieure de la plante en fleur qu'on fera sécher à l'ombre, comme de coutume sur une moustiquaire, ou suspendue en bouquets.


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